Les banques françaises se tournent vers le Maroc, eldorado immobilier(2007-07-24)
Les banques françaises se tournent vers le Maroc, eldorado immobilier Depuis le début de l'été, les grandes banques françaises multiplient
les offres en partenariat avec des établissements marocains, facilitant
notamment l'obtention de crédits immobiliers pour l'achat d'un bien au
Maroc, nouvel eldorado. Le groupe Caisse d'Epargne lance en septembre une offre conjointe avec
le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), dont elle détient 25% environ,
et propose une formule comprenant un crédit immobilier ainsi que la
possibilité de souscrire à un programme immobilier marocain labellisé
par le Crédit Foncier, sa filiale.
LCL (Crédit Lyonnais) lui a emboîté le pas, en partenariat avec le
Crédit du Maroc, filiale, au même titre que LCL, du groupe Crédit
Agricole. L'offre est similaire à celle de l'Ecureuil, également
conditionnée à la détention d'un compte dans les deux établissements.
"Jusqu'ici, il n'y avait pas de moyen de prendre un crédit en France
pour investir là-bas", explique Mimoun Yazidi, administrateur du
Conseil national des Marocains de France (CNMF). Les investisseurs
résidents en France, Marocains ou non, devaient obtenir leur emprunt au
Maroc, à des conditions de taux nettement moins avantageuses qu'en
France.
"Les bons négociateurs peuvent avoir deux points d'écart" entre les
taux de crédit immobilier en France et au Maroc, "mais cela peut aller
jusqu'à trois points et demi", détaille M. Yazidi. Compte tenu du
niveau actuel des taux, un prêt de 100.000 euros sur 15 ans coûterait
ainsi 50% de plus environ aux conditions du marché marocain.
Les nouvelles possibilités introduites par les banques françaises,
alors que la Banque Postale s'apprête à présenter une offre commune
avec Poste Maroc, intéressent la diaspora franco-marocaine, forte
d'environ 1,2 million de personnes, mais ne lui sont pas limitées.
LCL précise ainsi que son offre est "plutôt adressée aux Français sans
lien particulier avec le Maroc qui souhaiteraient acheter une résidence
secondaire ou de retraite". Le succès de cette destination a été
récemment illustré par le Salon de l'immobilier marocain à Paris, qui a
quadruplé sa surface en un an.
Conscientes de cet élan et de l'intérêt des résidents français, les
banques françaises ne veulent pas rester en retrait. BNP Paribas
indique étudier la question, tandis que Société Générale possède déjà
une agence double enseigne à Paris avec la Société Générale Marocaine
de Banque et en ouvrira une autre à Lyon en septembre.
Si quelques formules isolées existent à destination du Portugal, les
autres pays possédant des liens historiques de migration avec la France
sont eux largement délaissés.
A part une agence Société Générale double enseigne avec Société
Générale Algérie en projet à Marseille, aucune offre n'existe à
destination de la diaspora algérienne, la plus importante de France
avec deux millions de personnes environ.
En cause notamment, un système bancaire encore nationalisé et le caractère relativement récent du crédit immobilier.
"Les banques françaises ont été beaucoup refroidies par les scandales
bancaires de Khalifa ou de la BCIA", ajoute Hervé Lamy, président du
Centre d'échange franco-algérien (CEFRAL). Victimes de malversations,
les deux établissements ont été mis en liquidation en 2003.
"La garantie n'est pas forcément là pour qu'une banque française prenne
un risque sur un bien en Algérie, alors qu'au Maroc, il y a des
implantations de banques françaises depuis des années, avec des
garanties vraisemblablement tout autres", dit M. Lamy.
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