Conjoncture La faillite du commerce extérieur marocain(2007-07-25)
La faillite du commerce extérieur marocain
«
Sur le plan des échanges extérieurs, le rythme d’évolution de la
demande étrangère adressée au Maroc a décéléré au premier trimestre
2007 (6%, en variation annuelle, contre 11,2%), subissant les effets
d’un environnement international relativement moins porteur. La vigueur
plus importante des importations (+15%) par rapport aux exportations
(+1,2%), au cours des cinq premiers mois de 2007, s’est traduite par un
creusement du déficit commercial beaucoup plus important que l’année
passée (33,3% contre 6,2%) et un recul du taux de couverture de 6,8
points, pour s’établir à 50,1% ». Voilà ce que dit le Haut commissariat
au plan dans sa note de conjoncture de juillet. La dégringolade du
commerce extérieur est donc un fait avéré, et ce n’est pas une ondée de
passage. Driss Jettou n’en parle que très furtivement parce que c’est
un résultat indéfendable. Le Maroc n’a pas grand-chose à vendre à
l’extérieur et quand il y a quelque chose à vendre, il ne sait pas
comment le commercialiser. La politique industrielle qui a subi les
effets des lobbies pour maintenir en perfusion des industries malades
comme le textile, a fini par laminer le commerce extérieur du Maroc. Le
processus était enclenché depuis longtemps. Il sera très difficile de
s’en sortir. Le gouvernement doit en assumer toute la responsabilité.
Le Maroc devient de plus en plus dépendant du tourisme et des
transferts des MRE pour équilibrer ses comptes, ce qui un véritable
danger.
L’amélioration des recettes touristiques et des
transferts des MRE a permis d’alimenter les disponibilités en devises.
Les avoirs extérieurs nets pourraient, ainsi, couvrir l’équivalent de
près d’un an d’importations de marchandises. Par ailleurs, la
consolidation de ces avoirs, associée au raffermissement de 27,2% des
concours à l’économie, a engendré une expansion de 19,9% de la masse
monétaire, en glissement annuel, au terme des cinq premiers mois de
2007.
Pour ne rien arranger pour le gouvernement et donc pour
Driss Jettou qui vient de présenter le bilan de « son » gouvernement,
le Au premier trimestre 2007 n’a pas été favorable à une défense de
bilan facile. L’activité économique a décéléré par rapport à la même
période de l’année précédente, consécutivement à une faible performance
des activités primaires et à un environnement international
relativement moins porteur. La valeur ajoutée agricole a accusé un
fléchissement de 18%, en variation annuelle, pâtissant,
essentiellement, d’une chute de la production végétale. L’activité
d’élevage ne s’est que légèrement repliée, malgré l’insuffisance du
couvert végétal et le renchérissement des aliments de bétail. La
production nationale de la pêche côtière et artisanale a également
baissé (-6,6% en volume), au cours des cinq premiers mois de 2007,
attribuable particulièrement au fléchissement de 7,3% des débarquements
du poisson pélagique et à une diminution de 4,5% des poissons
benthiques.
A l’inverse, les autres secteurs ont maintenu leur
orientation favorable, comme en témoigne le profil ascendant des
indicateurs synthétiques de conjoncture. L’industrie a conservé son
élan de croissance. Les exportations des produits finis de consommation
et des biens d’équipement se sont inscrites en hausse de 5,1% et 13,1%
respectivement, durant les cinq premiers mois de l’année en cours.
La
vigueur de la demande intérieure a continué de soutenir l’activité de
construction et les secteurs qui lui sont liés. Ainsi, les ventes de
ciment ont crû de 19,9%, en variation annuelle, au cours des cinq
premiers mois de 2007, corroborant le rebond de 33% des crédits à
l’immobilier.
L’activité minière est restée dynamique,
profitant d’une relance de la demande étrangère adressée au secteur. Le
raffermissement des exportations de phosphate brut de 15,2%, à fin mai
2007, s’inscrit dans ce sens. Quant à l’évolution du secteur
énergétique, elle a subi l’effet conjugué de l’amélioration de la
production d’électricité (6,8%) et du recul des activités de raffinage
(-9,8%).
Pour leur part, les activités tertiaires se sont
maintenues à leurs rythmes ascendants au cours du premier trimestre. Le
secteur des transports a été stimulé par le dynamisme des différents
modes de transport, notamment l’aérien qui a affiché une augmentation
de 15,4%, au cours des cinq premiers mois de l’année. Les services
marchands liés à la restauration et à l’hôtellerie ont, à leur tour,
tiré profit des performances des activités touristiques. Les nuitées
globales et les recettes touristiques ont réalisé des améliorations
respectives de 7,7% et de 8%, en variations annuelles.
Globalement,
le PIB, hors agriculture, a enregistré une progression de 5,4%, en
glissement annuel, au premier trimestre 2007. Cette tendance devrait se
prolonger à un rythme plus prononcé sur le restant de l’année. Au
troisième trimestre, il pourrait atteindre 5,6%, situant ainsi la
croissance économique globale à 1,9% pour ce même trimestre.
La
consommation des ménages, quoiqu’en ralentissement par rapport à
l’année précédente, a continué de soutenir la croissance nationale, au
cours de cette période. L’amélioration du marché du travail, les
baisses d’impôt décidées pour 2007, la consolidation des revenus
extérieurs, le renforcement des crédits à la consommation et une
inflation relativement modérée (2,1% à fin juin 2007, contre 2,9% un an
plus tôt) expliquent, pour l’essentiel, cette évolution. Pour sa part,
la cadence de la consommation publique s’est sensiblement accélérée,
suite à une hausse des dépenses de fonctionnement de 20,2% à fin avril.
Quant au budget de l’Etat, le ralentissement de la croissance
économique en 2007 et la poursuite de la hausse des cours du pétrole
sur le marché international ont resserré légèrement l’étau sur les
finances publiques. Au terme des quatre premiers mois de l’année, les
dépenses budgétaires ont augmenté de 29,6%, en variation annuelle,
sous-tendues par un renforcement des dépenses de fonctionnement et
d’investissement. Les recettes budgétaires n’ont augmenté que de 20,4%,
malgré le dynamisme des recettes fiscales. Ainsi, le solde budgétaire a
affiché un excédent temporaire en nette régression, évalué à 2,8
milliards de Dh, contre 5,6 milliards une année auparavant.
Au
niveau du marché boursier, la performance semestrielle de l’indice MASI
a nettement fléchi, au deuxième trimestre 2007, après une période de
correction des cours à partir du 9 mai. Le gain global est revenu à 21%
au premier semestre. Le chiffre d’affaires a nettement augmenté,
notamment au deuxième trimestre. En effet, la correction du marché des
actions s’est accompagnée d’une nette augmentation du volume des
transactions, suite aux mouvements de prise des bénéfices et aux
craintes que la baisse des indices perdure. Le chiffre d’affaires
généré a plus que doublé, en glissement annuel.
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